Que se passe-t-il si... Skype poursuit sa croissance exponentielle ?
Un acteur de la téléphonie encore marginal
Avec 75 M d'usagers actifs, Skype devrait compter comme un opérateur de télécommunications de premier rang. Rappelons que la France ne compte que 44 M d'abonnés à un service de téléphonie fixe.
Toutefois, deux aspects minorent cette analyse :
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La consommation de télécommunications par usager Skype reste faible : 25 minutes par mois en moyenne contre 4 heures et demie en moyenne en France. D'où un volume global de minutes servies de 3,9 milliards pour Skype dans le monde alors que le marché en France s'établit en 2003 à 106 milliards de minutes.
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Les revenus de Skype demeurent confidentiels. Modèle économique fondé sur la gratuité des communications de base (de PC à PC), et le très faible coût de services, Skype ne récolte que 0,0075 $ par minute servie. Valeur sans doute appelée à croître, mais qui, pour l'heure positionne Skype très loin des opérateurs de télécommunications traditionnels lesquels peuvent tabler sur des revenus près de 20 fois supérieurs par minute de communication servie.
Si Skype poursuit sa croissance exponentielle...
Skype offre une montée en charge tout à fait spectaculaire, puisqu'entre le premier trimestre 2004 et 2005, il a multiplié par 8 sa base usagers. Que se passe-t-il si nous poursuivons ce « trend » très positif ?
Illustration 1: Scénario d'évolution de Skype
Source : Scholè Marketing
Skype devient alors un opérateur avec qui compter : près de 190 M d'usagers et quelques 98 milliards de minutes servies. Si Skype poursuit sa croissance, il peut conquérir l'équivalent, dans le monde entier, du marché français des télécommunications fixes. Chiffre considérable qui, bien entendu, ébranle fortement les positions acquises.
Conclusion
On est sans doute à la veille de changements majeurs dans les télécommunications. A l'instar du peer-to-peer (que les fondateurs de Skype ont promu avec KaZaA), les softphones ToIP vont bouleverser les rapports de forces, l'initiative se déplaçant d'opérateurs traditionnels vers des acteurs de l'informatique et de l'Internet (éditeurs, messageries instantanées). Les offres triple play puis les softphones vont entamer très fortement les positions dominantes. Et si l'on convient que les mobiles sont la prochaine frontière de l'IP, le marché des télécommunications n'a pas fini de rebattre ses cartes.
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